vendredi 11 février 2011

Le Discours d'un Roi


"Ce film vous bouleversera" - Le Figaro

Ah bon ?

Encore un film que tout le monde célèbre avant sa sortie (syndrome Inception ?), et il faut avouer qu'on y croit, à la grosse locomotive promotionnelle-lobotomisante (qui concurrence presque le dernier chef d'œuvre de Dany Boon). "12 nominations aux oscars", "fabuleux", le dithyrambe est poussé à l'extrême, et c'est curieux, ça cache quelque chose, il y a un piège ! Le troupeau se groupe, s'agrandit et bêle de plus en plus fort, masquant toute voix dissidente et étouffant dans l'œuf tout soupçon critique. La présence de Colin Firth (la caution du film) y est pour beaucoup on le comprend très vite, car l'histoire n'a rien de passionnant.

A la veille de la 2nde guerre mondiale, le fils (puis frère) du Roi de l'empire Britannique est bègue et va devoir s'améliorer s'il veut arrêter d'avoir la honte quand on le met devant un micro pour annoncer le vainqueur de la dernière foire à l'âne. Surtout qu'il va devoir très vite endosser le costard du Roi (car son frère préfère la gaudriole) et parler à son peuple à propos de l'entrée en guerre de son pays contre l'Allemagne de Hitler. Donc le film nous raconte juste l'entraînement de ce futur roi avec un orthophoniste peu académique. C'est tout. Point.

Qu'y a-t-il d'émouvant ? Rien je crois. Ça commence à être intéressant quand l'entrée en guerre avec l'Allemagne se dessine à l'horizon, mais le film se termine par un happy-end bancal où on regarde avec gêne le Roi et ses proches se féliciter d'avoir réussi le discours (d'un Roi...) sans trop bégayer, pendant que l'Europe s'embrase et que les anglais sans appuis haut placés se préparent à envoyer leurs fils à la boucherie.
Le sort du peuple anglais lancé dans le feu de la bataille ? Rien. Le Roi n'est là que pour le marketing, pour la vitrine, le sang et l'action, ça ne le regarde pas, il doit juste paraître digne devant la nation, ne pas bégayer, et c'est chose faite, point final, on remballe y a rien à voir. On sort de la salle et on pense de suite à retrouver sa voiture et à ce qu'on va choisir comme pizza chez Coco Mario. Rien de plus.

Notons au passage la réalisation correcte mais très académique, le jeu de Colin Firth toujours parfait, les seconds rôles très très bien, la musique passable mais ultra-classique... Rien de mauvais, mais rien de fort. Un bon film, mais anecdotique, très loin du CHEF D'ŒUVRE qu'on veut nous vendre, pour je ne sais quelle raison ?...

Je laisserai parler les pros de la critique qui disent ma pensée mieux que moi :

Critikat.com - Ariane Beauvillard
Tom Hooper réalise un cinéma d'apparat et filme une famille royale mythique, confrontée par le contre-champ à un peuple traité comme un pur décor, et embringuée dans une histoire si généralisante et imprécise qu'elle en devient l'attirail de la fresque commerciale qui ne fonctionnerait pas économiquement sans le label " based on a true story ".

Les Cahiers du Cinéma - Vincent Malausa
Dans le genre machine à oscars, "Le Discours d'un roi" se pose là, par l'académisme de son travail de reconstitution historique, son intrigue à faire se pâmer les lectrices de Gala (...) et son casting lourdement théâtreux. C'est pourtant à tous ces éléments que le film doit son minimum syndical.

Télérama - Samuel Douhaire
L'ensemble est loin d'être désagréable. (...) Mais à trop se focaliser sur les efforts acharnés du roi pour retrouver une élocution normale, le réalisateur néglige son thème le plus intéressant : l'emprise de la communication moderne sur la politique (...).

Je vous conseille plutôt le dernier film de Tom Ford, avec un Colin Firth au sommet, "A Single Man", véritable œuvre bouleversante, intemporelle et pleine de grâce.



1 commentaires:

Nico a dit…

Merci, je vais aller voir A single Man alors ! ;-)